Un choix guidé par l’empreinte carbone
Le béton est le matériau roi des grands barrages, mais c’est aussi l’un des plus émetteurs de CO₂ : sa fabrication représente à elle seule une part majeure de l’empreinte d’un ouvrage hydraulique. Pour Kinguélé Aval, les équipes techniques ont donc étudié une alternative : combiner un tronçon en béton là où la géologie l’exige, et un remblai en terre compactée partout où le terrain le permet.
Le résultat est un ouvrage mixte, composé d’environ un tiers de remblai et de deux tiers de béton. Cette conception permet de réduire d’environ 23 % l’empreinte carbone du projet par rapport à une solution entièrement en béton — sans compromis sur la sécurité ni sur la durée de vie de l’aménagement, fixée à 100 ans.
Chaque mètre cube de béton évité est une émission de CO₂ économisée sur toute la durée du projet.
Deux ouvrages, une seule ligne de crête
Vu du ciel, le barrage forme une ligne continue de 470 mètres. Dans les faits, il s’agit de deux structures aux logiques constructives distinctes, raccordées par une zone de transition soigneusement étudiée pour garantir l’étanchéité et la stabilité de l’ensemble.
- Le barrage en béton, qui accueille l’évacuateur de crue, la prise d’eau et la vidange de fond.
- La digue en terre, constituée de matériaux extraits localement et compactés par couches successives.
- La zone de raccordement, dimensionnée pour absorber les différences de comportement entre les deux ouvrages.
Des matériaux extraits sur place
Le remblai mobilise des matériaux issus des zones d’emprunt du site, ce qui limite les transports et donc les émissions liées à la logistique. Le béton, lui, est produit sur place par une centrale dédiée : au total, plus de 230 000 m³ ont été coulés pour l’ensemble de l’aménagement.
Une conception au service de l’environnement
Ce choix technique s’inscrit dans une démarche plus large : Kinguélé Aval est un barrage au fil de l’eau, implanté sur une rivière déjà aménagée en amont, sur un site desservi par une route d’accès et une ligne de transmission existantes. Autant de décisions qui, cumulées, réduisent l’emprise du projet sur la forêt et sur la biodiversité de la vallée de la Mbei.